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La première moitié du XXème siècle
La parution du motu proprio du pape Pie X, en 1903, redonne un cadre musical dans lequel les maîtrisiens vont se couler en retrouvant - en une sorte de retour aux sources - les pratiques de la musique grégorienne[1]. Subsistaient alors des « maîtrises » liées à quelques grandes cathédrales : Paris, Reims, Dijon, Bourges, Saint Brieuc, Nantes... Certaines étaient de véritables « écoles maîtrisiennes », institutions scolaires (privées) à part entières, mélangeant enseignement général et travail de choeur. La participation des enfants à la liturgie restait leur obligation principale.
Mais le tout début du XXème siècle est surtout l'époque où furent créées les manécanteries[2], sous l'impulsion de Paul Berthier et de Robert Martin, qui fondèrent en 1907 les Petits Chanteurs à la Croix de Bois, choeur conçu comme une maîtrise ambulante (sic), allant chanter en France d’église en église. En 1924, l’abbé Fernand Maillet, figure emblématique des Pueri Cantores, prend la direction de cette maîtrise, qui commence des tournées dans le monde entier dès 1931. Nombre de manécanteries – dont certaines seront officiellement affiliées aux Petits Chanteurs à la Croix de Bois, vont dès lors parcourir le monde pour « révéler les splendeurs de la musique sacrée »[3] et faire découvrir la beauté des voix d'enfants. L'essor des manécanteries date de la deuxième moitié des années 40. Choeurs de garçons à l'origine, elles dispensent leurs activités en dehors du temps scolaire, et font de la diffusion (concerts, tournées), confiée aux bénévoles proches de la « mané », une part importante de leurs activités. De nombreuses maîtrises religieuses préexistantes adhèrent alors à ce mouvement.
Les années 50 verront l'épanouissement du mouvement des Pueri Cantores et de sa fédération, toujours existante aujourd'hui[4]. Souvent - mais pas toujours - marquées par un lien privilégié avec une église ou une cathédrale (manécanteries de collèges privés, par exemple), les manécanteries sont la plupart du temps confessionnelles, et leur fonction première est l'animation liturgique. Cette tradition est influencée par une valorisation du bénévolat (l’engagement des parents des maîtrisiens et des anciens maîtrisiens dans la vie du choeur est par exemple très déterminant) et par une approche idéologique [5] que l'on trouve aussi dans le Mouvement A Coeur Joie (édification d'un monde meilleur, le choeur comme vecteur de fraternité et symbole d’une société idéale, etc) et plus largement dans les grands mouvements d’éducation populaire de l’après-guerre. Il faut aussi noter la tradition qui consiste à « alimenter » le choeur d'hommes lié à la manécanterie - et qui lui permet de chanter à quatre voix mixtes - par d'anciens maîtrisiens, adolescents ou adultes.
Le cas particulier de la Maîtrise de Radio-France
La Maîtrise de Radio-France a été créée en 1946 dans l’idée d’un « choeur-école » destiné à alimenter le choeur de la Radio Télévision Française. Les premiers chefs, Jacques Besson et Jacques Jouinaud, étaient des instituteurs. [1] La figure de proue de ce mouvement sera Charles Bordes et sa célèbre « Tribune de St Gervais ». [2] Du latin mane (le matin) et cantare (chanter). Ce terme va en fait désigner, tout au long du XXe siècle, des choeurs d'enfants - surtout de garçons - nés du mouvement des Pueri Cantores. [3] Plaquette de présentation de la Fédération Française des Petits Chanteurs [4] Désormais Fédération Française des Petits Chanteurs, elle regroupe environ 120 choeurs et 6.000 enfants. Cette fédération est elle-même membre de la Fédération Internationale des PueriCantores. [5] Ce qualificatif n’a ici aucune connotation péjorative. | ||||||||||||||||||||||||