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Une culture cambrésienneCambrai, terre de maitrise Centre de culture carolingienne au Haut Moyen-âge, Cambrai devient rapidement un haut de lieu de la musique médiévale. Sa Schola cantorum était divisée en une Schola interior réservée aux pueri oblati, les enfants voués au clergé, et une Schola exterior pour les nutriti, qui eux n’étaient pas destinés à la vie monacale et devaient pourvoir à leurs propres besoins.
A
Terre de maîtrise, le Cambrésis est un des centres incontournables dans la formation des musiciens à
Le fonctionnement des maîtrises reposait sur un échange de bons procédés : les écoles logeaient, nourrissaient et éduquaient les jeunes garçons, et en contrepartie ces derniers devaient magnifier les services liturgiques et les fêtes religieuses. Guillaume Du Fay (ca 1400-1474), figure emblématique de Cambrai, a été formé et a grandi au sein de la fameuse école cathédrale de la ville.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la maîtrise de Notre-Dame de Cambrai est composée d’une vingtaine de personnes. Elle est dirigée par un maître de musique dont elle tire le nom. Il veille sur plus d’une dizaine de musiciens et de chanteurs professionnels, clercs ou laïcs, qui apportent leurs concours au bon déroulement des offices. Enfin, elle est constituée d’enfants de chœurs (« les choraux ») dont les voix jeunes, hautes et claires, soutiennent et transcendent la psalmodie des heures canoniales.
Spécificité cambrésienne, le chapitre métropolitain de Cambrai, après avoir pris soin des conditions de vie et d’études scolaires et musicales des enfants de chœur, se montre très soucieux de leur devenir. A ceux qui par leur voix ont soutenu l’éclat de l’opus Dei et qui ont été de dignes auxiliaires des chanoines dans la mission qui leur incombe, il accorde un soutien sans faille tout au long de leur existence. Il leur facilite les voies d’accès à la carrière cléricale. Ceux qui choisissent de poursuivre une carrière de musiciens professionnels ne s’éloignent pas pour autant de l’institution ecclésiastique. Pour eux également, le concours capitulaire est tout aussi important. Le passage par la maîtrise de la métropole de Cambrai est une référence majeure, un véritable viatique, pour une activité où l’Eglise est l’un des principaux employeurs. Quelle que soit la voie empruntée par les anciens enfants de chœurs, la plupart d’entre eux sont assurés de la protection d’un chapitre puissant voulant leur témoigner sa gratitude. Les chanoines considèrent que ces enfants ont choisi la plus belle part, celle du service divin : ils doivent en récolter les fruits.
Jusqu’au début du XIXe siècle, les maîtrises capitulaires étaient les principales écoles de musique existant en France. Au lendemain des troubles de 1789, les chapitres des cathédrales et les maîtrises sont dispersés, ces dernières souffrant des profondes modifications de l’environnement politique, social, économique et culturel. L’hostilité envers le clergé, la création des conservatoires et la place de plus en plus importante de la musique instrumentale à la fin du XVIIIe sont d’autres facteurs déterminants. Ainsi, les causes de la disparition des maîtrises ne se trouvent-elles pas dans les principes d’organisation et de fonctionnement de ces écoles, mais dans le changement de contexte historique et musical. Les conséquences sont désastreuses pour l’enseignement musical et la tradition vocale en France. Les principaux maîtres de musique sont dispersés et les conservatoires ne favorisent pas le chant. Seules quelques rares institutions survivent comme la maîtrise de Notre-Dame de Paris.
Dans les années 1980-90, sous l’impulsion de l’Etat et de nombreuses associations, plusieurs projets d’écoles maîtrisiennes voient le jour et tentent de restaurer la richesse de ce type spécifique d’enseignement (voir annexe 1), dans la tradition des anciennes maîtrises.
Après plusieurs années d’initiatives souvent privées ou isolées, et une prise en considération de l’art vocal dans l’enseignement musical (« chant choral » dans les conservatoires), une réflexion de fond sur la richesse de l’enseignement maîtrisien a abouti sur un rapport de l’IFAC en 2005 (annexe XX). Enfin, en juillet 2006, les ministères de
Le temps de la renaissance est venu pour
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